Porter un grand nom dans la musique est souvent un privilège, mais aussi une immense responsabilité. Pour Bébé Baya, fille de Aïcha Dioubaté, plus connue sous le nom d’Aïcha Baya, chaque note chantée, chaque apparition et chaque projet artistique rappellent l’immense héritage laissé par sa mère. Pourtant, loin de fuir cette pression, la jeune artiste choisit de l’embrasser afin de transformer cet héritage en force.
Depuis plusieurs semaines, elle multiplie les annonces autour de son éventuel retour sur scène, affirmant vouloir revenir « pour faire tomber les masques ». Un comeback qui impatiente déjà ses milliers de fans et qui s’annonce mémorable. 
Dans un entretien accordée à Afroculturegn.com Bébé Baya s’est livrée avec sincérité sur son parcours, sa vision de la musique et la mission qu’elle s’est donnée. Celle de faire vivre l’héritage de sa mère tout en imposant sa propre identité artistique.
La musique a toujours occupé une place centrale dans la vie de Laouratou Barry. Avoir grandi auprès d’une artiste accomplie, comme sa mère a profondément influencé son enfance et forgé naturellement son amour pour cet univers. « La musique a toujours été une passion pour moi. J’ai grandi dans un environnement musical, en voyant ma mère chanter et vivre de son art. C’est à travers elle que j’ai développé cet amour pour la musique. »
S’il faut parler de la carrière artistique de l’auteure de Irafanma, il faut préciser que tout est parti d’un hommage rendu à sa mère. Un hommage qui l’a progressivement conduite vers la musique. Pourtant, au départ, rien ne la destinait forcément à en faire une carrière. Le succès du titre Tombolola, dédié à sa mère, a finalement changé la donne. « Cependant, au départ, je n’avais pas forcément envisagé d’en faire une carrière. Mon premier objectif était simplement de rendre hommage à ma mère à travers un single. Au fil du temps, j’ai compris que je portais un héritage important et que j’avais un rôle à jouer dans sa continuité. »
À travers ce choix, l’artiste affiche clairement sa volonté de rester connectée à ses origines et à l’histoire musicale de sa famille. Certes, la musique représente un héritage précieux pour elle, mais Bébé Baya reconnaît également que le poids des attentes est immense. « La pression est énorme, je ne vais pas le cacher. Porter l’héritage d’une artiste comme ma mère est une lourde responsabilité. Quand je vois tout ce qu’elle a accompli, l’impact qu’elle a eu sur la musique et l’amour que le public lui porte encore aujourd’hui, je me dis que j’ai beaucoup de travail devant moi », affirme-t-elle, avant d’ajouter qu’elle ne veut pas seulement être “la fille de”. Elle souhaite aussi construire son propre univers artistique, tout en restant fidèle aux valeurs transmises par sa mère.
Concernant les comparaisons souvent faites entre elle et sa mère, qu’elle considère comme son idole, l’artiste assure qu’elles représentent davantage une source de motivation qu’un poids. « Les attentes sont forcément élevées, parce que les gens font souvent la comparaison. Mais au lieu de voir cela comme un poids, j’essaie de le transformer en motivation. »
Avec ambition et détermination, Laouratou Barry, connue sous le nom de Bébé Baya, nourrit aujourd’hui le rêve d’aller encore plus loin, tout en respectant les valeurs musicales qu’elle a héritées. « Et pourquoi pas, un jour, aller encore plus loin, tout en restant fidèle aux valeurs et à la passion qu’elle m’a transmises », confie-t-elle, avant de réitérer : « Je veux faire vivre cet héritage, le transmettre à ma manière et apporter ma propre contribution à la musique. »
Déterminée, ambitieuse et pleinement consciente de la mission qui l’attend, la jeune artiste veut désormais prouver qu’elle peut écrire sa propre page dans l’histoire de la musique guinéenne.
Une chose est sûre, le nom d’Aïcha Baya continue de résonner à travers une nouvelle voix qui depuis des années fait vibrer toute une génération, celle de sa digne héritière, Bébé Baya.









